OpenHarness : piloter tous ses agents IA sur toutes ses machines, sans SSH ni VPN
https://www.autonomous.ai/fr-FR/harness-app
https://github.com/autonomous-ai/openharness
📌 OPENHARNESS est une plateforme open source qui réunit les agents de code — Claude Code, Codex, Cursor, OpenCode, Pi, Hermes et les autres — dans un command center unique, couvrant toutes les machines du parc. Un seul tableau de bord pour piloter le portable de travail, le Mac mini de la maison, la station du bureau et le serveur cloud, chacun avec ses propres agents lancés dans des terminaux persistants. Le principe tient en une phrase : l’agent tourne sur sa machine, on surveille et on pilote tout depuis un seul endroit.
Le raccordement des machines repose sur un mot de passe distant. Chaque ordinateur héberge un démon qui n’établit que des connexions sortantes, la liaison s’installe donc sans SSH, sans VPN et sans port ouvert. Quand le réseau le permet, le trafic du terminal passe en peer to peer via un canal de données WebRTC, directement entre les deux machines, sans aucun serveur dans le chemin. Dans le cas contraire, la connexion est acheminée par un relais Cloudflare TURN ou un WebSocket le temps que WebRTC s’établisse, avec bascule automatique vers le direct dès qu’il devient disponible. Dans tous les cas, le flux est chiffré de bout en bout et seules les machines connectées détiennent les clés : le relais ne transmet que du chiffré, jamais le contenu exploitable. Un parc complet se raccorde en quelques minutes par machine.
Les sessions absorbent les aléas du quotidien. Un agent s’exécute dans une session tmux persistante : on ferme l’application, on éteint l’écran, on change de poste ou on perd le Wi-Fi, le travail continue. Si les panneaux sont interrompus par un redémarrage, le démon les rappelle et reprend les sessions. Une contrainte demeure : la machine hôte doit rester allumée pour que la tâche progresse, ce que règle naturellement un serveur maison ou cloud dédié aux longs jobs. La supervision repose sur deux raccourcis : le mode boss (⌘B) prend une description de tâche, retrouve l’agent dont le nom et l’activité récente correspondent le mieux et le sollicite, avec arbitrage manuel en cas d’ambiguïté ; le mode swarm (⌘S) aligne tous les agents sur un même écran, répartis sur des layouts de 1 à 5 panneaux, pour voir d’un coup qui travaille, qui a fini et qui attend une réponse. La recherche floue (⌘O) traverse machines et sessions, et un raccourci (⇧⌘I) isole en un geste tout ce qui nécessite une intervention.
La compatibilité couvre les moteurs majeurs : Claude Code, Codex, Cursor, OpenCode, Pi, Hermes, Command Code, Devin, Muse Code, Amp, Kilo, Grok Build, Antigravity et GitHub Copilot. Aucune surcouche ici : la plateforme lit la transcription que chaque agent écrit déjà et installe les hooks officiels du fournisseur. Les identifiants restent chez leurs propriétaires, dans les fichiers de configuration habituels (~/.claude, ~/.codex et équivalents), et chaque agent conserve son compte, sa clé API ou son modèle local. Les projets demeurent sur la machine qui les héberge ; juxtaposer des sessions dans l’interface ne déplace ni code ni fichiers.
📌 Points clés d’OpenHarness :
- 🖥️ Un command center pour tout le parc : portable, Mac mini, stations et serveurs cloud dans une même fenêtre.
- 🔐 Sans SSH, VPN ni port ouvert : connexions sortantes, WebRTC point à point et relais chiffré de bout en bout.
- ⏳ Sessions persistantes : tmux et démon, l’agent continue hors de la fenêtre et reprend après un redémarrage.
- ⌘B Boss mode : décrire une tâche, l’agent le plus adapté la prend en charge.
- 🗂️ Swarm mode : de 1 à 5 panneaux, vue instantanée sur qui travaille, finit ou attend.
- 🧩 18 harnesses métier : CAD, impression 3D, électronique, jeux, documents, animation et simulation.
- 🧠 Comptes et clés inchangés : chaque agent garde son fournisseur, son abonnement et son modèle.
- 📟 Matériel open source optionnel : l’appareil Harness, écran rond qui pilote les sessions depuis le bureau.
Au-delà des terminaux, OpenHarness introduit les harnesses métier (DSH), des paquets qui transforment un agent de code en spécialiste d’un domaine. Un dossier portant un manifeste harness.json assemble les instructions, une toolchain figée, un modèle de projet et un viewer en direct ; l’agent raisonne, le harness apporte les outils et la vue. Le catalogue affiche déjà 18 harnesses : text-to-cad dessine un train d’engrenages imprimable sans interférence, Autonomous Circuit sort un PCB de macropad fabriquable, Blender compose une scène 3D, MuJoCo anime un humanoïde Unitree, Godogen produit un jeu jouable directement dans le panneau, Marp et Typst traitent documents et diagrammes, Manim trace des animations mathématiques. Les visualiseurs sont partagés entre plusieurs harnesses, et une nouvelle entrée se déclare depuis un simple dossier local, sans toucher à l’application. La même infrastructure s’applique aux workflows internes d’une entreprise, la seule limite étant la toolchain que l’on choisit de figer.
L’écosystème comprend aussi l’appareil Harness, un écran rond toujours allumé posé à côté du clavier qui montre l’activité de chaque agent, celui qui a terminé et celui qui attend une décision. On lit une question, on répond à l’écran, on tape ou on parle pour lancer une nouvelle tâche sans changer de fenêtre. Le matériel est intégralement open source : firmware ESP32-S3, PCB, schémas, Gerbers, nomenclature et boîtier imprimable sont livrés pour construire le sien, et la carte se branche en USB au démon hôte, sans configuration Wi-Fi ni compte sur l’appareil.
Pour démarrer, on installe l’application de bureau pour macOS ou Linux, on se connecte avec un agent déjà utilisé — abonnement personnel, clé API ou modèle local — et on ouvre une session avec ⌘N en choisissant l’agent, la machine et le projet. Une autre machine se prépare en une ligne de curl, puis harness login et harness start, et la liaison s’établit via Machines → Link Machine. L’application est gratuite à télécharger ; les comptes d’agents, la consommation de modèles et les serveurs loués restent à la charge. Un seul ordinateur suffit pour commencer, les machines distantes restant optionnelles. macOS est la plateforme principalement testée, la parité Linux progresse, Windows est en cours de travail, et un compte Harness reste requis au démarrage de l’application et du démon.
Concrètement, OpenHarness simplifie l’administration des agents à l’échelle d’un parc réel : installer le bon moteur sur la bonne machine, garder les sessions en vie, surveiller l’ensemble depuis une seule fenêtre et étendre chaque agent à un domaine précis grâce aux harnesses. C’est un projet qui rend le multi-agent enfin tenable au quotidien.






