Capture de SEARCH, navigateur WebKit pour Mac : les onglets dans la colonne de gauche, une page qui occupe le reste de la fenêtre
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SEARCH : un navigateur WebKit de 6 Mo qui ouvre en un tiers de seconde

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https://officecommun.com/search

📌 SEARCH est un navigateur pour Mac signé par Office Commun, un studio de design parisien. Il n’embarque aucun moteur : il utilise WebKit, celui qui fait tourner Safari. Le poids suit — 6,1 Mo sur disque pour la version 1.0.4 — et la fenêtre s’ouvre en 320 ms là où Chrome demande 526 ms sur la même machine. Gratuit, sans compte, Apple silicon, macOS 14 minimum.

L’argument n’est pas « plus léger que les autres », c’est « pas un second moteur à faire vivre ». Et ce genre d’affirmation mérite des chiffres : le studio a publié une page de mesures, même Mac, même après-midi, mêmes cinq onglets, médiane de trois passages. Le build mesuré le 23 septembre pesait 2,9 Mo sur disque contre 1 429 Mo pour Chrome, 51 Mo de mémoire au repos contre 663 Mo, et 11 processus avec cinq onglets ouverts là où Chrome en lance 29. Le 1.0.4 affiche 6,1 Mo : l’écart s’est creusé avec les extensions Chrome, les espaces et les groupes d’onglets.

À l’usage, c’est d’abord une affaire d’onglets. En haut de la fenêtre ou dans une colonne à gauche — à droite depuis le 1.0.4 — avec un glissement à deux doigts pour passer d’un espace à l’autre. Les onglets que vous gardez toute la journée s’épinglent et se réduisent à une lettre ou à leur icône. ⌃Tab fait défiler vos derniers onglets sous forme d’images, un onglet que vous n’avez pas regardé depuis une demi-heure s’endort et rend sa mémoire, et Split View accepte deux pages côte à côte, largeurs comprises, jusqu’au prochain démarrage.

Le reste est intégré, rien à installer. Le bloqueur de publicités et de traqueurs est une WKContentRuleList compilée au lancement et appliquée dans le réseau de WebKit avant la requête : aucun script à exécuter, donc rien à ralentir, actif par défaut et désactivable site par site. ⇧⌘H fait disparaître d’un clic un bandeau cookies ou un rail de « recommandations », définitivement pour ce site, par sélecteurs injectés en feuille de style avant le premier rendu. ⇧⌘R garde l’article et ses images, ⇧⌘P sort la vidéo de la page pour qu’elle flotte au-dessus des autres applications, et depuis le 1.0.4 elle se colle au bord de l’écran. Mots de passe et passkeys passent par la feuille du Mac et le Trousseau, avec Touch ID.

Les extensions du Chrome Web Store fonctionnent, sur macOS 15.4 ou plus tard : l’archive est récupérée à son adresse publique, la signature CRX3 est vérifiée contre l’identifiant avant décompression, et Search réécrit à l’installation les API Chrome que WebKit n’a pas. Vous pouvez aussi charger un dossier en extension non empaquetée et recharger après chaque modification. Socket Unix dans le dossier de l’app, ./bench pilote le navigateur ouvert sans le fermer.

Côté vie privée, la page est vérifiable et sans serveur : pas de compte, pas de synchronisation, pas de télémétrie. L’historique et les signets sont des fichiers JSON dans ~/Library/Application Support/Search/, les mots de passe dans le Trousseau. Ce qui sort de la machine tient en quatre lignes : les pages demandées, une favicon par site, la recherche envoyée à Google, et un petit fichier signé chaque heure pour savoir si une version existe. Une version n’est installée que si la signature d’Office Commun tient.

Mon avis tient dans le pari WebKit. Les pages qui gardent leurs raccourcis pour elles-mêmes prennent le pas — le 1.0.4 a même rendu ⌘K à Slack, X, GitHub et ChatGPT — et la couche de compatibilité comble ce qu’elle peut, pas le reste. S’y ajoutent trois contraintes : Apple silicon seulement, pas de version iOS, aucune synchronisation, donc rien à retrouver sur un autre Mac. Et beaucoup de nouveautés du 1.0.4 — groupes d’onglets, colonne à droite, vidéos qui attendent un clic — arrivent désactivées. C’est une prudence que je préfère à l’inverse. Le code est en Swift sous licence MIT, environ 42 000 lignes sans dépendance hors celles d’Apple : lisible, compilable chez vous avec swift build, mais le nom et l’icône restent la propriété du studio, donc un fork se renomme.

Sources

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