FluentCleaner : le “CCleaner d’avant”, refait en WinUI 3, pilotable en ligne de commande
https://github.com/builtbybel/FluentCleaner
📌 Si vous cherchez un nettoyeur Windows qui fait le travail sans vous vendre du vent, FluentCleaner mérite un détour.
Le projet FluentCleaner (builtbybel) part d’un constat simple : beaucoup d’outils “historiques” ont glissé d’un utilitaire sobre vers une usine à options, upsells et promesses floues. Ici, l’approche est à l’opposé : une application de bureau moderne (WinUI 3), minimaliste, pensée pour nettoyer ce qui est clairement du “junk” (caches, temporaires, logs, traces d’usage), sans scareware, sans dark patterns, et sans cette fameuse “magie” autour du registre.
Ce qui rend FluentCleaner intéressant, c’est surtout sa base de règles. Plutôt que de réinventer des nettoyeurs pour chaque application, l’outil s’appuie sur l’écosystème winapp2.ini : une base communautaire de règles de nettoyage maintenue depuis des années, avec des milliers d’entrées. Chaque entrée décrit quoi nettoyer pour une appli donnée : chemins de cache, dossiers temporaires, clés de registre spécifiques, etc. Le résultat : pas de balayage agressif “on supprime tout ce qui ressemble à un cache”, mais des cibles explicites, inspectables et auditables. Le projet explique même qu’il a choisi le “flavor” historique de CCleaner (celui qui a longtemps porté l’outil à son meilleur niveau) et qu’il dispose de son propre parseur, indépendant de CCleaner.
Au-delà de la base par défaut, FluentCleaner met en avant le multi-database. En clair, vous n’êtes pas coincé avec une source unique : vous pouvez pointer l’application vers une base winapp2 personnalisée (ou un variant), via le chemin Settings > Database > Custom. L’idée est pratique si vous voulez étendre la couverture, ajuster des règles, ou tester un jeu de signatures plus strict.
L’autre point qui change la donne, c’est la capacité à fonctionner sans interface, ce qui ouvre la porte à une utilisation “outil système” plutôt que “appli qu’on lance quand on y pense”. Le binaire peut être exécuté en mode automatique : avec l’argument /AUTO, FluentCleaner lance un nettoyage silencieux basé sur votre sélection enregistrée, puis se ferme immédiatement. Il existe aussi une option /AUTO /SHUTDOWN pour éteindre Windows après la fin du nettoyage. Chaque exécution automatique écrit un journal détaillé dans %AppData%\FluentCleaner\auto.log, avec horodatage, chemins supprimés regroupés par entrée, et taille totale nettoyée. Concrètement, ça se prête très bien à une tâche planifiée Windows (Task Scheduler) : vous créez une tâche, vous pointez vers FluentCleaner.exe, et vous ajoutez /AUTO en argument.
Au milieu de tout ça, le projet martèle une philosophie : “moins de features, des features honnêtes”. Par exemple, FluentCleaner n’embarque pas de “registry cleaner” et assume ce choix. L’argument est que le bénéfice mesurable est quasi nul (les clés orphelines n’accélèrent pas magiquement le démarrage), alors que le risque est réel si une clé est supprimée à tort. Même logique côté “secure deletion” à multiples passes : l’auteur considère que, sur des SSD modernes (wear leveling, TRIM), c’est surtout du théâtre de sécurité. FluentCleaner se concentre donc sur des suppressions normales de fichiers et de données de cache, le type de contenu où l’objectif réaliste est la propreté, l’espace disque, et la réduction de certaines traces locales, pas la promesse d’une anonymisation impossible.
Points clés :
- Nettoyeur Windows moderne, UI WinUI 3, minimaliste et orienté efficacité.
- Basé sur winapp2.ini : règles spécifiques, inspectables, auditées, sans heuristiques agressives.
- Parseur indépendant : pas dépendant de CCleaner, et pas impacté par les choix récents de CCleaner.
- Multi-bases : possibilité d’utiliser une base winapp2 personnalisée via les réglages.
- Mode automatique : exécution silencieuse via /AUTO, journaux détaillés, intégration facile au Planificateur de tâches.
- Choix assumés : pas de nettoyage de registre “marketing”, pas d’effacement multi-pass “spectaculaire”.
La question qui revient toujours est : “est-ce que ça rend le PC plus rapide ?” FluentCleaner répond de façon nuancée. Sur une machine moderne avec suffisamment d’espace libre, vous ne verrez pas forcément un gain spectaculaire de performances. En revanche, quand le stockage se remplit, les conséquences sont plus concrètes : moins de marge pour les mises à jour, comportements erratiques, sauvegardes plus lourdes, et un système qui traîne des données temporaires accumulées. Le nettoyage devient alors un geste d’entretien, pas un bouton “turbo”. Il peut aussi aider à résoudre certains soucis d’applications liés à des caches corrompus, et à réduire la quantité de données de navigation ou de listes “récemment ouverts” qui restent sur la machine.
Côté compatibilité, FluentCleaner vise large : Windows 10 version 2004 (build 19041) et plus récent, ainsi que Windows 11. Le projet insiste sur le fait qu’il n’y a pas d’exigence Windows 11, malgré l’usage de WinUI 3.
En pratique, FluentCleaner s’adresse à deux profils. D’abord, ceux qui veulent un outil clair, sans bruit, qui ne prétend pas “réparer Windows” mais supprime ce qui est clairement dispensable. Ensuite, les utilisateurs plus “ops” qui apprécient la possibilité d’automatiser un nettoyage régulier sans interface, avec un log lisible et exploitable. Si vous avez déjà une sélection de nettoyage qui vous convient, le mode /AUTO est précisément le genre de détail qui transforme un utilitaire en routine fiable.
Enfin, l’orientation “projet solo” est assumée : pas de grosse machine marketing, et la volonté de garder l’outil propre, transparent, et centré sur l’usage. Si votre attente principale est un nettoyeur moderne, pilotable, fondé sur une base communautaire éprouvée, FluentCleaner coche beaucoup de cases — surtout si vous voulez retrouver l’esprit des nettoyeurs “d’avant”, sans la couche de bruit accumulée au fil des années.
