Homelab Dashboard : piloter son homelab sur iPhone et Android avec une interface native
https://github.com/JohnnWi/homelab-project
📌 Homelab Dashboard rassemble dans deux apps mobiles natives un tableau de bord pensé pour superviser et administrer un homelab sans passer en permanence par des interfaces web disparates. Le projet mise sur une approche très concrète : une version iOS en SwiftUI, une version Android en Kotlin, et une même logique produit pour suivre ses services, basculer entre plusieurs instances et garder un accès rapide à l’essentiel depuis le téléphone.
Gérer un homelab depuis un mobile reste souvent une expérience bricolée. On finit avec une collection de favoris, quelques dashboards auto-hébergés, des interfaces pas toujours adaptées au tactile et des connexions qui changent d’un service à l’autre. Homelab Dashboard essaie justement de supprimer cette friction en regroupant dans une seule app les outils qui reviennent le plus souvent dans un setup personnel.
Le projet couvre déjà un ensemble de services suffisamment large pour être utile au quotidien. On y retrouve notamment Portainer, Pi-hole, Beszel, Gitea, Nginx Proxy Manager, AdGuard DNS, Healthcheck, Patchmon, Jellystat, Plex, Tailscale et un module de bookmarks. L’idée n’est pas seulement d’afficher des raccourcis, mais de proposer pour chaque intégration une interface dédiée, plus rapide à consulter qu’un enchaînement d’onglets dans un navigateur mobile.
Ce que l’outil simplifie surtout, c’est la lecture d’état et l’accès aux actions courantes. Pour un homelab personnel, les besoins réels sont souvent répétitifs : vérifier qu’un reverse proxy répond, surveiller un service conteneurisé, consulter des stats, regarder si une machine remonte correctement, confirmer qu’un service multimédia ou réseau tourne encore normalement. Depuis une app mobile unifiée, ce type de contrôle devient beaucoup moins coûteux mentalement.
L’approche technique est aussi intéressante parce que le projet ne repose pas sur une seule app cross-platform. Homelab Dashboard propose deux applications natives distinctes, conçues pour respecter les conventions de chaque écosystème. Côté iOS, la base repose sur Swift 6 et SwiftUI avec un travail visuel orienté Liquid Glass, effets de verre, flou et animations fluides. Côté Android, l’app est développée en Kotlin avec Jetpack Compose et une direction Material Expressive 3, plus en phase avec l’esthétique et les interactions attendues sur Android.
Ce choix a une conséquence directe sur l’usage : l’outil ne cherche pas seulement à “fonctionner partout”, il cherche à être agréable sur chaque plateforme. Pour quelqu’un qui pilote réellement son homelab depuis son téléphone, cette différence compte. Une interface réactive, bien hiérarchisée et cohérente avec l’OS rend les consultations rapides plus naturelles, surtout quand on ouvre l’app juste pour vérifier un point précis ou intervenir en urgence.
Points clés
- 📱 Deux applications mobiles natives séparées, avec SwiftUI pour iOS et Jetpack Compose pour Android.
- 🧩 Douze services déjà intégrés, dont Portainer, Pi-hole, Gitea, Plex, Tailscale et Nginx Proxy Manager.
- 🔁 Support multi-instance pour gérer plusieurs environnements ou plusieurs serveurs du même type.
- 🎨 Une vraie direction UI sur chaque plateforme, avec mode cyberpunk et interfaces pensées pour le mobile.
- 🌍 Interface multilingue avec détection automatique de la langue système.
- 🚀 Installation iOS possible via AltStore ou SideStore, sans imposer un usage strictement centré sur Xcode.
Dans la pratique, le support multi-instance est un point particulièrement utile. Beaucoup de setups personnels évoluent vite : un serveur principal, une machine de test, des conteneurs dupliqués, un service exposé localement et une autre instance accessible à distance. Pouvoir ajouter plusieurs instances d’un même service et passer de l’une à l’autre sans tout reconfigurer change clairement la valeur de l’application au quotidien.
Le démarrage du projet reste assez direct. Pour iOS, il faut ouvrir HomelabSwift/Homelab.xcodeproj dans Xcode 26 ou plus, sélectionner une équipe de signature puis lancer l’app sur un iPhone ou un simulateur. Pour Android, il suffit d’importer le dossier HomelabAndroid dans Android Studio, laisser Gradle synchroniser les dépendances puis lancer l’exécution sur appareil ou émulateur. Le dépôt fournit donc une base assez lisible pour tester, modifier ou étendre l’outil soi-même.
Il y a aussi une voie d’installation plus accessible sur iPhone grâce à AltStore ou SideStore via une source JSON fournie dans le repo. C’est un détail important, parce qu’il réduit la barrière d’entrée pour quelqu’un qui veut simplement essayer l’app iOS sur son appareil personnel sans passer tout de suite par un setup de développement complet. Sur Android, l’approche reste plus classique, mais parfaitement standard pour quiconque a déjà ouvert un projet Compose dans Android Studio.
En matière de confidentialité, le README ne décrit pas de couche cloud propriétaire ni de backend central imposé. Le positionnement du projet laisse plutôt penser à une logique locale et auto-hébergée, dans laquelle l’utilisateur relie l’app à ses propres services. C’est cohérent avec l’usage homelab : garder le contrôle sur ses endpoints, ses instances et sa manière d’exposer les services. Il reste évidemment à auditer le code et les flux précis si l’on veut valider en détail la gestion des secrets, de l’authentification ou du stockage local.
Sur le plan de la compatibilité, le projet vise iOS 26+ pour la branche Swift et Android 8.0+ pour la branche Android d’après le README. Ce cadrage le positionne clairement sur des appareils assez récents, avec l’objectif d’exploiter les composants UI modernes de chaque plateforme plutôt que de viser le support le plus large possible. C’est un compromis cohérent pour un projet qui valorise d’abord la qualité perçue et la sensation d’usage.
Homelab Dashboard n’est pas présenté comme une suite d’administration universelle ni comme une plateforme d’orchestration lourde. Sa force tient plutôt dans un angle précis : rendre un homelab personnel beaucoup plus lisible et plus pilotable depuis un smartphone, avec un niveau de finition rarement vu dans ce type d’outil. Pour quelqu’un qui surveille plusieurs services auto-hébergés chaque semaine, c’est le genre de projet qui peut remplacer une poignée de raccourcis web et rendre le suivi quotidien beaucoup plus fluide.
